Paradoxe aux USA : 850.000 emplois créés en juin, mais… le taux de chômage augmente. Comment est-ce possible ?

Il y a deux jours, le BLS (Bureau of Labor Statistics) américain a annoncé que 850.000 emplois avaient été ajoutés à l’économie américaine au mois de juin. Ce qui est attendu dans un rebond post-COVID.

Pour autant, toujours pour le mois de juin, le taux de chômage a augmenté de 0.1 point de pourcentage, de 5.8% à 5.9%. Comment le taux de chômage peut-il augmenter si le nombre d’emplois augmente ?

Tout se joue dans le mode de calcul du taux de chômage :

\frac{\text{personnes au chômage}}{\text{population active}}

Ce qu’il s’est passé aux États-Unis est très probablement la chose suivante : le gain de 850.000 emplois a été surcompensé par le retour sur le marché du travail (dans la population active) de personnes qui en étaient sorties et qui n’ont pas encore (re)trouvé du travail.

En d’autres termes :

  1. 850.000 emplois : baisse du numérateur (donc baisse du taux de chômage)
  2. au moins 850.000 personnes sont passées de l’inactivité à l’activité : hausse du numérateur (donc baisse du taux de chômage)
  3. parmi les personnes qui sont passées de l’inactivité à l’activité, un peu plus de 850.000 d’entre elles n’ont pas trouvé (encore) trouvé du travail : hausse du numérateur qui surcompense à la fois la baisse du numérateur de la puce 1, et la hausse du numérateur de la puce 2 (donc hausse du taux de chômage)

Au final, est-ce que cette hausse du taux de chômage est une bonne nouvelle ? Sans doute. Elle signale une hausse du taux d’activité, qui est la proportion des personnes en âge de travailler qui sont soit en emploi, soit à la recherche d’un emploi (au chômage). Une hausse du taux d’activité est très souvent un signe de dynamisme de l’économie.

Pour autant, la reprise reste à la fois fragile (le virus circule toujours, et le risque d’une nouvelle vague causée par le variant delta est réel) et, surtout, cette crise économique due au COVID est tellement particulière que les théories en macroéconomie et en économie du travail ne sont pas très bien équipées pour faire des prédictions solides. En d’autres termes, on navigue un peu à vue. Ce qui impose d’être prudent·e·s.